Les déchets agricoles peuvent-ils devenir une nouvelle source de revenus pour les producteurs ivoiriens ? C’est le pari du projet ProPleurote, porté par l’Ong ivoirienne Eco-Radice avec le soutien d’Atlm Expo, de l’ambassade de Türkiye en Côte d’Ivoire et de la Fao.
Un protocole d’accord a été signé vendredi 25 septembre 2026 au siège de la Fao à Abidjan. Le projet vise à produire des pleurotes à partir de sous-produits agricoles disponibles localement.

Du résidu agricole au substrat
Dans les régions du Loh-Djibouah et du Gôh, les activités agricoles génèrent d’importantes quantités de résidus. Le projet veut notamment valoriser ceux issus du cacao, du riz et du manioc.
Ces matières peuvent servir de substrats pour la culture des pleurotes. L’objectif est double : limiter le gaspillage de biomasses agricoles et créer une nouvelle activité économique dans les zones rurales.
Pour lancer cette production, Atlm Expo apporte un financement de 6 millions de FCFA. Cette enveloppe doit permettre d’acquérir plusieurs équipements, dont un autoclave, un incubateur, un broyeur et un système d’humidification.
Les femmes et les jeunes ciblés
Eco-Radice, créée en janvier 2023, travaille notamment sur la biodiversité, l’agroécologie et l’agroforesterie.
Avec ProPleurote, l’Ong veut également toucher les femmes et les jeunes des communautés rurales. La production de champignons doit ainsi ouvrir de nouvelles possibilités d’activités et de revenus.
« Transformons nos résidus agricoles en opportunités d’avenir », a déclaré Guillaume Djélé, président d’Eco-Radice.
L’ambition affichée est aussi de pouvoir reproduire l’expérience dans d’autres régions du pays, si les premiers résultats sont concluants.
Une coopération entre plusieurs acteurs
La signature s’est déroulée en présence de l’ambassadrice de Türkiye en Côte d’Ivoire, Deniz Erdoğan Barım, et du représentant de la Fao en Côte d’Ivoire, Joseph Nyemah.
Pour Ibrahim Demir, directeur général et directeur pays d’Atlm Expo, cette initiative peut également renforcer les échanges économiques entre la Türkiye et la Côte d’Ivoire.
La Fao apporte, de son côté, un accompagnement stratégique et technique au projet. L’ambassade de Türkiye prévoit par ailleurs une visite sur le terrain afin de suivre son évolution et d’échanger avec les bénéficiaires.
Le projet intervient quelques jours avant la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et au gaspillage alimentaires, célébrée le 29 septembre. Pour la Fao, cette initiative illustre l’intérêt de rechercher de nouvelles utilisations aux ressources agricoles disponibles localement.

Une expérience à suivre sur le terrain
La culture des pleurotes à partir de résidus agricoles est déjà pratiquée dans différents contextes agricoles. Mais pour ProPleurote, la prochaine étape sera de mesurer concrètement les résultats en Côte d’Ivoire : volumes produits, coûts, débouchés et revenus pour les bénéficiaires.
Le projet devra aussi démontrer que cette activité peut être maintenue dans la durée et reproduite dans d’autres communautés.
Car transformer un résidu en champignon est une chose. En faire une activité rurale rentable et durable en est une autre.
En agriculture, parfois, le prochain revenu ne pousse pas dans le champ. Il attend simplement qu’on sache quoi faire de ce qu’on allait jeter.












