La Côte d’Ivoire poursuit ses efforts pour transformer davantage ses matières premières sur son territoire. Le 12 octobre 2026, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, a pris part à l’inauguration de l’usine Beta Veg Oil à Kongodékro, dans la commune de Bouaké.
Spécialisée dans la transformation du karité et du soja, cette nouvelle unité industrielle doit renforcer les capacités de transformation locale. Elle prévoit de traiter jusqu’à 70 000 tonnes de matières premières par an et de créer 450 emplois directs.
Au-delà de ces chiffres, le projet s’inscrit dans une ambition plus large : tirer davantage de valeur des productions agricoles ivoiriennes, tout en favorisant l’activité économique dans les régions.
Karité : la transformation locale cherche à gagner du terrain
La filière karité représente une source de revenus pour de nombreuses femmes en Côte d’Ivoire. Selon les données communiquées à l’occasion de cette inauguration, plus de 400 000 femmes vivent de cette activité.
Cependant, une part importante des amandes de karité continue d’être exportée sans transformation industrielle locale. Cette situation limite les possibilités de création de valeur sur place.
Avec l’arrivée de nouvelles unités comme Beta Veg Oil, la filière pourrait franchir une étape supplémentaire. Les capacités de transformation du karité pourraient atteindre environ 30 % avec la mise en service de nouvelles installations.
À moyen terme, les projections évoquées visent un taux compris entre 50 et 60 % au cours des cinq prochaines années. Cette progression dépendra notamment de la concrétisation des investissements et du développement des capacités industrielles.
Une transformation accrue pourrait ouvrir de nouveaux débouchés. Elle pourrait aussi favoriser une meilleure valorisation de la matière première et renforcer les liens entre les producteurs, les collecteurs et les industriels.

Cacao et cajou : des progrès dans la transformation
La Côte d’Ivoire a déjà enregistré des avancées dans d’autres filières agricoles. Le taux de transformation du cacao, qui se situait entre 5 et 10 % en 2011, atteint désormais 46 %, selon les chiffres présentés.
Pour la noix de cajou, ce taux s’élève à 43 %. Ces évolutions illustrent les efforts engagés pour développer les activités industrielles autour des productions nationales.
Dans cette dynamique, le karité constitue un autre chantier important. L’enjeu consiste à ne pas limiter les revenus de la filière à la vente des amandes brutes. Il s’agit également de développer les capacités de transformation et les débouchés pour les produits transformés.
450 emplois directs annoncés à Bouaké
L’usine Beta Veg Oil prévoit la création de 450 emplois directs. Cette perspective représente un enjeu pour l’économie locale, notamment en matière d’insertion professionnelle.
Par ailleurs, l’implantation d’une unité industrielle peut entraîner des besoins supplémentaires dans la collecte, le transport et l’approvisionnement. Les retombées réelles dépendront toutefois du fonctionnement de l’usine et de ses relations avec les acteurs locaux.
Pour les femmes qui interviennent dans la collecte et la transformation artisanale du karité, le développement industriel pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives commerciales. L’enjeu sera de faire en sorte que cette évolution profite à l’ensemble de la chaîne de valeur.

Le gouvernement veut développer l’industrie dans les régions
L’implantation de Beta Veg Oil s’inscrit dans la volonté du ministère de favoriser l’installation d’entreprises industrielles et commerciales dans les 31 régions de Côte d’Ivoire.
Cette orientation vise à rapprocher les unités de transformation des bassins de production. Elle doit aussi contribuer à renforcer le tissu industriel et à créer des possibilités d’emploi en dehors des grands centres économiques.
En effet, lorsque les matières premières quittent leur région d’origine sans y être transformées, une partie de la valeur ajoutée est créée ailleurs. Le développement d’unités industrielles dans les territoires peut contribuer à mieux répartir les retombées économiques.
Dans les filières du cacao, de l’anacarde et de l’hévéa, plusieurs investissements participent déjà à cette évolution. Le karité s’inscrit désormais dans cette dynamique.
Avec Beta Veg Oil, la Côte d’Ivoire poursuit donc un objectif central de sa politique industrielle : transformer davantage ses productions agricoles sur place. La réussite de cette ambition dépendra aussi de la capacité à approvisionner durablement les usines et à associer les producteurs aux bénéfices de cette transformation.














