L’Association des Professionnels du Caoutchouc Naturel (APROMAC) poursuit ses travaux pour renforcer la filière hévéa en Côte d’Ivoire. Le mercredi 7 octobre 2026, elle a tenu sa troisième Assemblée générale ordinaire de l’année au Radisson Blu Hôtel Abidjan Airport.
La rencontre s’est déroulée sous la présidence de Charles-Emmanuel Yacé. Au total, 84 délégués ont participé aux travaux sur les 100 attendus.
Au-delà des questions statutaires, les échanges ont porté sur plusieurs projets stratégiques. Le renouvellement du verger, la traçabilité des plantations et la labellisation du caoutchouc naturel occupent une place importante dans cette démarche.
Le programme PURE prépare le renouvellement du verger
Le Programme d’urgence de replantation et d’extension du verger (PURE) entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Il vise à renouveler les plantations et à préserver le potentiel de production de l’hévéaculture ivoirienne.
Plusieurs sites adaptés ont déjà fait l’objet de visites. Par ailleurs, 20 sites couvrant 50 hectares sont prévus pour accueillir des jardins à bois de greffe.
Le programme prévoit également 120 hectares de pépinières dans les régions du Centre, de l’Ouest et de l’Est. À Ahouakro, cinq hectares de pépinière sont déjà en place.
Les recrutements nécessaires ont été effectués. En parallèle, les approvisionnements se poursuivent pour accompagner la mise en œuvre du programme.
L’enjeu est de renouveler le verger tout en sécurisant la disponibilité du matériel végétal. À terme, cette démarche doit contribuer à préserver les capacités de production du pays.
La traçabilité devient un enjeu stratégique
L’APROMAC a également fait le point sur le géoréférencement des plantations et des planteurs. Cette opération doit permettre de mieux connaître les producteurs, les superficies exploitées et la localisation des plantations.
Cette connaissance du terrain prend de l’importance. En effet, la traçabilité constitue un enjeu croissant pour les filières agricoles qui souhaitent accéder à certains marchés.
Grâce à des données plus précises, les acteurs pourront mieux suivre les plantations et améliorer le pilotage de la filière. Ce chantier s’inscrit ainsi dans les efforts de structuration de l’hévéaculture ivoirienne.
La labellisation pour valoriser le caoutchouc ivoirien
La labellisation du caoutchouc naturel ivoirien figure aussi parmi les dossiers examinés. L’objectif est de mieux valoriser la production nationale dans un environnement où les exigences des marchés évoluent.
Désormais, les volumes produits ne suffisent plus à eux seuls. Les acteurs doivent également pouvoir documenter l’origine du caoutchouc, sa qualité et sa traçabilité.
La durabilité constitue un autre enjeu. La démarche de labellisation pourrait donc contribuer à renforcer la visibilité et la compétitivité du caoutchouc ivoirien.
Un taux de première transformation de 99,4 %
Les données présentées lors de l’assemblée générale font état d’un taux de première transformation de 99,4 %. La filière compte également environ 1,920 million de tonnes de granulés exportés et 58 opérateurs exportateurs.
En parallèle, plusieurs travaux se poursuivent. Ils concernent notamment la cartographie des usines et des points-bascules, les outils de commercialisation et la sensibilisation des usiniers aux normes ISO.
Ces différents chantiers visent à consolider l’organisation de la filière. Ils accompagnent aussi les efforts engagés pour améliorer les pratiques et répondre aux exigences du marché.
L’APROMAC prépare son cinquantenaire en 2027
L’association a également évoqué une échéance importante de son histoire. Le deuxième Dîner du Caoutchouc Naturel sera associé aux festivités du cinquantenaire de l’APROMAC, prévues du 5 au 7 novembre 2027.
Cet anniversaire offrira l’occasion de revenir sur cinquante années d’évolution de la filière. Il permettra aussi de réfléchir aux défis des prochaines décennies.
Le renouvellement des plantations, la traçabilité et la valorisation du caoutchouc restent au cœur de ces perspectives. Pour l’hévéaculture ivoirienne, l’enjeu est désormais de consolider ses acquis tout en créant davantage de valeur.
La prochaine étape ne se limitera donc pas aux volumes de production. Elle concernera aussi la durabilité, la compétitivité et les revenus des producteurs.












