La Côte d’Ivoire veut faire de son potentiel agricole un moteur d’investissement. Pour y parvenir, elle mise sur le Forum de mobilisation des ressources organisé au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome.
Du 13 au 16 octobre 2026, quinze membres de la délégation ivoirienne prennent part à cette rencontre. Elle réunit des gouvernements, des banques de développement, des institutions financières et des investisseurs privés autour de projets destinés à transformer les systèmes agroalimentaires.
L’objectif est de mobiliser des financements pour soutenir des projets agricoles capables de créer davantage de valeur en Côte d’Ivoire. La production, la transformation locale et l’emploi figurent parmi les priorités.
La Côte d’Ivoire met en avant ses atouts agricoles
En amont du forum, le représentant résident de la FAO en Côte d’Ivoire, Joseph Nyemah, a présenté les opportunités d’investissement du pays. Il s’est exprimé devant la presse le vendredi 9 octobre 2026, à Abidjan.
Selon les chiffres communiqués à cette occasion, la Côte d’Ivoire dispose d’environ 17 millions d’hectares de terres agricoles. Elle bénéficie également d’un marché de plus de 30 millions d’habitants et d’une croissance économique estimée entre 6,5 % et 7 %.
Sa position en Afrique de l’Ouest constitue un autre atout. Le pays peut accéder aux marchés de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
De plus, les ports d’Abidjan et de San-Pedro renforcent sa capacité à servir les échanges régionaux et internationaux.
Les autorités mettent aussi en avant les mesures d’incitation à l’investissement. Selon Joseph Nyemah, certains projets peuvent bénéficier d’avantages fiscaux pendant cinq à quinze ans, en fonction de leur nature et de leur localisation. Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) accompagne également les investisseurs.
Une trentaine d’investisseurs intéressés
La FAO entend faciliter les échanges entre les investisseurs et les autorités ivoiriennes. Son rôle consiste notamment à rapprocher les partenaires financiers des projets présentés par le gouvernement.
« Le rôle de la FAO est de faciliter les transactions entre les investisseurs et le gouvernement afin d’élaborer leur plan d’investissement », a expliqué Joseph Nyemah.
Selon le représentant résident, une trentaine d’investisseurs ont déjà manifesté leur intérêt pour des échanges avec les autorités ivoiriennes.
Cette marque d’intérêt constitue une première étape. Le défi consiste maintenant à la convertir en engagements financiers, puis en projets effectivement réalisés sur le terrain.
Trois pôles agro-industriels au cœur de la stratégie
À Rome, la délégation ivoirienne doit présenter trois projets de pôles agro-industriels intégrés. Ces projets visent à organiser des chaînes de valeur complètes, de la production à la commercialisation.
Ils doivent notamment associer la production agricole, la transformation et les activités logistiques. Cette approche pourrait permettre de mieux valoriser les matières premières produites dans le pays.
Pour les filières agricoles, le développement de telles infrastructures représente un enjeu important. La transformation locale peut favoriser la création d’emplois, diversifier les débouchés et accroître la valeur ajoutée générée sur le territoire.
Cette ambition rejoint les enjeux de la coopération agricole entre la Côte d’Ivoire, la France et l’AFD, qui illustrent l’importance des partenariats dans le développement du secteur agricole.
Au-delà des performances économiques attendues, les autorités visent des retombées sociales. Les investissements recherchés doivent notamment favoriser l’emploi des jeunes et des femmes, tout en contribuant à améliorer les revenus des populations rurales.
La FAO accompagne la préparation des projets
L’Initiative Main dans la Main de la FAO apporte un appui technique aux pays participants. Elle mobilise notamment des analyses économiques et des données géospatiales pour repérer les territoires et les filières présentant un potentiel de développement.
Cet accompagnement vise à mieux préparer les projets et à les rendre plus lisibles pour les investisseurs. Il permet aussi d’orienter les financements vers les activités présentant des perspectives de croissance et de création de valeur.
Pour la Côte d’Ivoire, cette démarche s’inscrit dans les ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Ce programme place l’agriculture parmi les leviers de la souveraineté alimentaire, de l’industrialisation et de la croissance inclusive.
Le PND affiche un budget global de 114 832,5 milliards de FCFA. Selon les données présentées, plus de 70 % des financements attendus devraient provenir du secteur privé.
Transformer l’intérêt des investisseurs en projets concrets
La participation ivoirienne au forum de Rome intervient donc dans un contexte où le financement privé occupe une place importante dans les ambitions nationales de développement.
Pour le secteur agricole, l’enjeu dépasse la recherche de capitaux. Il consiste aussi à financer des infrastructures, à développer les capacités de transformation et à renforcer les débouchés des producteurs.
Les trois pôles agro-industriels présentés aux partenaires financiers constituent l’un des axes de cette démarche. Leur concrétisation dépendra toutefois des financements mobilisés et des engagements pris par les différents partenaires.
Le forum offre ainsi à la Côte d’Ivoire une occasion de défendre ses projets auprès d’investisseurs internationaux. Le résultat se mesurera surtout à la concrétisation des financements et aux retombées pour les filières agricoles et les populations.












