Expositions internationales : la Côte d’Ivoire veut transformer ses pavillons en vitrines agricoles

À Dakar, la Côte d’Ivoire participe à une session de renforcement des capacités du Bureau international des Expositions. L’objectif : mieux préparer ses participations internationales et utiliser ces rendez-vous pour promouvoir ses produits agricoles, ses savoir-faire et ses opportunités d’investissement.

La Côte d’Ivoire veut changer la manière dont elle se présente dans les grandes Expositions internationales. Les 15 et 16 septembre 2026, à Dakar, sa délégation participe à une session du Programme de Renforcement des Capacités du Bureau International des Expositions (BIE), consacrée à la préparation et à la valorisation des participations nationales.

La rencontre réunit des délégations de 16 pays africains francophones. Elle vise notamment à partager les méthodes permettant de concevoir un pavillon, d’organiser une participation internationale et surtout d’en tirer des retombées au-delà de l’événement lui-même.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu dépasse donc la seule présence dans un espace d’exposition. Il s’agit de mieux utiliser ces rendez-vous pour présenter une agriculture capable de séduire des acheteurs, des partenaires et des investisseurs.

De l’exposition à la valorisation des produits ivoiriens

La délégation ivoirienne est conduite par André Kouassi, Commissaire Général de la participation ivoirienne à l’Expo horticole Yokohama 2027 et Directeur des Organisations Professionnelles Agricoles (DOPA).

Elle rassemble des représentants du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières ainsi que de l’Agence Côte d’Ivoire Export.

Cette composition donne une indication sur l’objectif recherché : rapprocher la représentation institutionnelle de la promotion économique.

Un pavillon ne sert en effet pas uniquement à présenter des images ou des produits. Il peut devenir un point de rencontre entre producteurs, entreprises, investisseurs, institutions et partenaires commerciaux.

« Cette formation nous donnera les outils nécessaires pour mieux valoriser notre agriculture, promouvoir nos produits et renforcer notre visibilité auprès des investisseurs et partenaires internationaux », a expliqué André Kouassi.

La formation doit ainsi permettre à la Côte d’Ivoire de mieux préparer ses futures participations et de travailler davantage sur les retombées de ces événements.

Yokohama 2027 déjà dans le viseur

La session de Dakar intervient alors que la Côte d’Ivoire prépare sa participation à l’Expo horticole Yokohama 2027.

Cette échéance donne une dimension concrète aux enseignements tirés du programme du BIE. La préparation d’une exposition implique plusieurs étapes : conception du projet, organisation du pavillon, choix des contenus, mise en scène des produits et coordination des différents acteurs.

Pour un pays agricole comme la Côte d’Ivoire, le défi consiste aussi à sélectionner les éléments capables de raconter son offre de manière lisible pour un public international.

Produits agricoles, transformation, savoir-faire, innovations et possibilités d’investissement peuvent ainsi être articulés dans une même présentation.

L’enjeu est de passer d’une logique de présence à une logique de valorisation.

Un pavillon peut aussi servir la stratégie économique

Les échanges de Dakar portent précisément sur cette question. Les participants étudient les différentes étapes d’une participation internationale, mais aussi les moyens d’en augmenter les retombées économiques, institutionnelles et diplomatiques.

Pour les filières agricoles, cette approche peut être particulièrement importante.

Présenter un produit sur un salon ne suffit pas à créer un marché. Il faut aussi pouvoir expliquer son origine, sa qualité, son potentiel de transformation, ses débouchés et les acteurs capables de répondre à une demande.

C’est là que l’exposition rejoint directement les enjeux de chaîne de valeur.

Une fève de cacao, une noix de cajou, une épice, un produit horticole ou une production vivrière peuvent attirer l’attention. Mais la capacité à transformer cette attention en partenariat commercial dépend ensuite de nombreux facteurs : volumes disponibles, qualité, régularité de l’approvisionnement, normes, conditionnement et capacité des entreprises locales.

Les Expositions internationales peuvent donc constituer une vitrine. Elles ne remplacent pas, pour autant, le travail nécessaire pour convertir cette visibilité en activité économique.

Dakar, un espace d’apprentissage entre pays africains

La session ne se limite pas à des enseignements techniques. Elle permet également aux délégations africaines de confronter leurs expériences.

La présence de 16 pays africains francophones crée un espace de partage sur les méthodes de préparation et de valorisation des participations internationales.

Cette dimension est importante pour des pays qui cherchent à mieux faire connaître leurs productions et leurs capacités industrielles sur les marchés extérieurs.

Les échanges portent également sur les prochaines grandes échéances, notamment l’Expo 2027 de Belgrade et l’Expo 2030 de Riyad.

Pour la Côte d’Ivoire, ces rendez-vous constituent autant d’occasions de travailler sa visibilité internationale. Mais l’intérêt économique d’une participation se mesurera surtout à sa capacité à prolonger les contacts établis dans les pavillons : nouveaux partenaires, débouchés commerciaux, investissements ou coopérations.

À retenir

Une exposition internationale ne se résume pas à un pavillon. Pour un pays agricole, elle peut servir à raconter ses filières, présenter ses produits et ouvrir des discussions avec des partenaires. La formation suivie à Dakar vise justement à mieux maîtriser cette dimension stratégique.

La Côte d’Ivoire cherche ainsi à faire de ses futures participations internationales davantage qu’une opération de visibilité. Le véritable enjeu sera de transformer l’image présentée dans les pavillons en relations économiques durables avec les marchés et les investisseurs.

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