L’intérêt allemand pour l’agriculture ivoirienne ne se limite plus aux échanges commerciaux. Il commence aussi à se déplacer vers les besoins du terrain : moderniser les systèmes de production, introduire davantage de technologies, transformer localement les récoltes et renforcer la capacité du pays à nourrir sa propre population.
C’est dans cette perspective que Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, a reçu jeudi 10 septembre une délégation d’investisseurs allemands.
Conduite par Paul Koffi, ministre conseiller à l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Allemagne, la délégation réunissait notamment des représentants de plusieurs PME venues s’informer sur les besoins prioritaires du secteur agricole ivoirien.
Le regard se porte sur les besoins du terrain
Pour les investisseurs, la question n’est pas seulement de savoir ce que la Côte d’Ivoire produit aujourd’hui.
Il s’agit aussi d’identifier ce dont les producteurs et les filières ont besoin pour produire davantage et mieux valoriser leurs récoltes.
Les discussions ont ainsi porté sur plusieurs leviers : modernisation des systèmes de production, innovation technologique, transformation locale et souveraineté alimentaire.
Ces quatre dimensions sont étroitement liées.
Une production agricole plus importante ne suffit pas si les équipements restent limités, si les rendements stagnent ou si une partie importante de la valeur est créée en dehors du pays après la récolte.
L’enjeu consiste donc à renforcer toute la chaîne, du champ jusqu’à la transformation.

Le riz et le maïs au centre des opportunités
Parmi les filières présentées aux investisseurs figurent le riz et le maïs.
Le choix de ces deux cultures est particulièrement révélateur de la priorité accordée aux productions vivrières. Elles occupent une place importante dans l’alimentation et présentent également des possibilités de développement en matière de production, de transformation et de création de valeur.
Pour la Côte d’Ivoire, renforcer ces filières revient aussi à réduire certaines vulnérabilités liées à l’approvisionnement alimentaire.
Mais atteindre cet objectif demande plus que des surfaces cultivées supplémentaires.
Il faut pouvoir améliorer les pratiques culturales, accéder à des équipements adaptés, sécuriser les productions et disposer de capacités de transformation suffisantes.
C’est précisément sur ces maillons que l’investissement privé peut jouer un rôle.
Transformer davantage ce qui est produit en Côte d’Ivoire
L’une des pistes évoquées lors des échanges concerne la transformation locale.
Cette question est centrale pour l’agriculture ivoirienne. Une matière première prend une autre valeur économique lorsqu’elle peut être transformée, conditionnée et commercialisée localement.
Pour le riz comme pour le maïs, cela ouvre des perspectives qui dépassent la seule production agricole.
Des investissements peuvent contribuer à structurer les activités situées après la récolte et à rapprocher les producteurs des marchés de consommation et de transformation.
L’intérêt est alors double : créer davantage de valeur dans le pays et offrir aux producteurs des débouchés mieux structurés.
La technologie comme levier de modernisation
La délégation allemande s’est également intéressée à l’innovation technologique.
Cette dimension rejoint les discussions plus larges engagées en Côte d’Ivoire autour de la modernisation de l’agriculture.
La technologie peut intervenir à différents niveaux : équipements agricoles, amélioration des systèmes de production, gestion des exploitations ou encore transformation des produits.
Mais pour être réellement utile, elle doit répondre aux contraintes rencontrées par les producteurs.
L’enjeu n’est donc pas d’importer de la technologie pour elle-même, mais de trouver les solutions capables d’améliorer concrètement la productivité et les revenus agricoles.
De l’investissement à la souveraineté alimentaire
La présence d’investisseurs allemands prend ainsi une dimension qui dépasse la recherche de nouveaux capitaux.
Pour la Côte d’Ivoire, attirer des entreprises capables d’apporter des technologies, des équipements ou des compétences peut contribuer à renforcer les filières considérées comme stratégiques pour l’alimentation.
Le riz et le maïs illustrent particulièrement cette ambition.
En améliorant leur production et leur transformation, le pays peut chercher à mieux couvrir ses besoins, tout en créant de nouvelles activités économiques autour des producteurs.
La souveraineté alimentaire ne signifie donc pas uniquement produire davantage. Elle suppose aussi de maîtriser davantage les différentes étapes qui permettent de passer de la récolte à l’alimentation du consommateur.
Des opportunités à transformer en projets
La rencontre entre le ministre et les investisseurs allemands constitue finalement une étape de prospection.
La délégation est venue identifier les besoins et les possibilités offertes par l’agriculture ivoirienne. Reste maintenant à transformer ces échanges en investissements concrets.
Pour les filières riz et maïs, cela pourrait passer par des projets associant production, équipements, technologie et transformation.
Pour les producteurs, la question essentielle sera celle des retombées réelles : accès aux outils, amélioration des revenus, débouchés plus stables et participation accrue à la création de valeur.
C’est à ce niveau que se mesurera la portée de la coopération agricole ivoiro-allemande.
Car au-delà des rencontres entre responsables et investisseurs, l’objectif reste le même : faire de l’investissement un moyen de construire une agriculture ivoirienne plus productive, mieux équipée et davantage capable de nourrir le marché local.












