Le chiffre suffit à expliquer une partie de la colère : 1 200 FCFA pour un kilogramme de cacao.
Réunies à Divo à l’initiative de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) café-cacao, sept organisations professionnelles agricoles ont contesté ce niveau de prix.
Leur porte-parole, Léonard Ehoura Yao, a qualifié ce tarif de « déchanteur ». Les organisations rappellent surtout l’écart avec la campagne principale 2025-2026, durant laquelle le kilogramme atteignait 2 800 FCFA.
Pour les producteurs qu’elles représentent, la baisse intervient dans un contexte déjà difficile.
Des fèves toujours entre les mains des producteurs
Le problème ne s’arrête pas au prix.
Les sept organisations dénoncent également la situation des stocks recensés au cours de la campagne 2025-2026. Une partie du cacao resterait encore détenue par des producteurs.
Ces stocks compliquent la situation des exploitants. Tant que les fèves ne trouvent pas preneur dans de bonnes conditions, les producteurs disposent de moins de marge pour faire face aux dépenses de leurs exploitations.
Les OPA mettent cette situation en relation avec ce qu’elles considèrent comme les insuffisances de l’actuel collège des producteurs au sein de l’OIA café-cacao.

Les représentants des producteurs dans le viseur
La contestation prend donc aussi une dimension institutionnelle.
Les sept organisations — CNMA-CI, CR-CI, SYNARFA-CI, SYPRODA-CI, SYNAPROCCA-CI, UNAJEPA-CI et SYNAJAM CC-CI — demandent la dissolution de l’actuel collège des producteurs.
Elles souhaitent son remplacement par une représentation qu’elles estiment davantage connectée aux réalités de la base.
Les syndicats réclament parallèlement un audit financier complet. Celui-ci devrait, selon eux, examiner la gestion des fonds publics affectés aux opérations de la filière.
Ces demandes traduisent une contestation qui dépasse désormais le seul niveau du prix du cacao.
Une aide publique réclamée pour soutenir le marché
Sur le terrain économique, les organisations demandent une intervention de l’État.
Elles réclament une subvention exceptionnelle afin de soutenir le prix de 1 200 FCFA le kilogramme.
Autre préoccupation : les sorties clandestines de cacao vers les pays voisins. Les sept OPA demandent donc un renforcement de la sécurité aux frontières Est et Ouest.
Elles présentent cette mesure comme un moyen de limiter la fuite du cacao ivoirien hors des circuits officiels.
La grève oui, la récupération politique non
Les organisations se déclarent favorables à une motion de grève lancée par l’un des acteurs de la filière.
Elles posent toutefois une limite claire à leur soutien. Pour elles, la mobilisation doit rester centrée sur les intérêts économiques et sociaux des producteurs.
Léonard Ehoura Yao a ainsi rejeté l’idée d’utiliser une grève pour réclamer le départ de responsables nommés par l’État.
« Non à une motion de grève pour exiger le départ de qui que ce soit ! », a-t-il déclaré.
Cette précision vise à maintenir la contestation sur le terrain agricole. Les sept OPA veulent avant tout obtenir des réponses sur les revenus des producteurs, les stocks et la représentation professionnelle.

Le malaise dépasse donc le seul prix
À Divo, le prix de 1 200 FCFA a servi de déclencheur à une contestation plus large.
Les sept organisations mettent désormais plusieurs sujets sur la table : le traitement des stocks, la gouvernance de la représentation des producteurs, l’utilisation des fonds publics, la lutte contre les sorties clandestines et le soutien au prix bord champ.
Leur message est donc double. Elles demandent une réponse immédiate à la pression économique subie par les producteurs. Elles veulent aussi revoir le fonctionnement de leur représentation au sein de l’interprofession.
Pour le premier pays producteur mondial de cacao, ces revendications remettent une nouvelle fois la rémunération du producteur au centre du débat sur la filière.












