D’Abidjan à Lagos, en passant par Lomé, Cotonou, Accra, Bamako etc., le gingembre est une vieille connaissance.
On le râpe, on le presse, on le boit, on se »purge » avec, on le mélange au citron, on le glisse dans les marinades. Mais lorsqu’il passe de la cuisine à la salle de bain, l’histoire change.
En cosmétique, ce ne sont plus seulement le goût et le parfum qui intéressent les formulateurs, mais des composés comme les gingérols et autres molécules issues du rhizome.
Une publication africaine consacrée au gingembre et au curcuma souligne déjà leur potentiel antioxydant et antimicrobien et rappelle que le gingembre est utilisé comme matière première dans les industries cosmétique et pharmaceutique.
Une actualité scientifique importante en 2026
Le dossier du gingembre a pris une tournure particulièrement intéressante cette année avec une évaluation de sécurité consacrée aux ingrédients dérivés de Zingiber officinale utilisés dans les cosmétiques.
Cette évaluation conclut que huit des neuf ingrédients étudiés peuvent être considérés comme sûrs dans les conditions et concentrations d’utilisation évaluées, à condition notamment que les formulations soient conçues pour ne pas être sensibilisantes. Elle attire aussi l’attention sur certains constituants susceptibles de provoquer une sensibilisation.
Même si cette évaluation n’est pas africaine, elle fournit un signal particulièrement utile pour les formulateurs africains : « naturel » ne veut pas dire « sans risque ».
Le gingembre peut donc avoir sa place dans une crème ou une huile, mais la question n’est pas simplement de savoir si l’épice est bonne. Il faut savoir quelle partie de la plante est utilisée, sous quelle forme, à quelle concentration et dans quelle formulation.
Le marché africain bouge

Cette évolution intervient au moment où l’écosystème de la beauté africaine se structure. Au Nigeria, la plateforme B2B Ginger se présente désormais comme un intermédiaire entre fabricants, marques, distributeurs et détaillants de produits de beauté à travers l’Afrique. Elle propose notamment un « Africa Beauty Investor’s Guide 2026 ».
Ce mouvement est intéressant pour les producteurs d’ingrédients.
Demain, le gingembre africain pourrait ne plus être seulement vendu comme rhizome brut. Il pourrait entrer dans des chaînes de valeur plus sophistiquées : extraits standardisés, huiles, actifs cosmétiques, formulations capillaires ou soins cutanés.
Mais pour franchir ce cap, il faudra sortir de la logique « maman dit que ça marche ». Le savoir traditionnel peut ouvrir la porte ; le laboratoire doit ensuite vérifier ce qui se trouve derrière.
















