Cajou : à Accra, la Côte d’Ivoire défend une meilleure coordination des politiques africaines

À Accra, la Côte d’Ivoire a pris part aux échanges de la 19e Conférence annuelle de l’African Cashew Alliance (ACA), consacrée notamment à l’approvisionnement durable de l’industrie africaine du cajou. Le CCAK a participé aux discussions sur les politiques publiques et accepté d’accueillir l’édition 2027 en Côte d’Ivoire.

La filière africaine du cajou ne se joue plus uniquement dans les vergers. Elle se joue aussi autour de la capacité des pays producteurs à garantir un approvisionnement régulier aux unités de transformation.

C’est l’un des enjeux qui a traversé la Conférence et l’Exposition annuelles de l’Alliance africaine du cajou (ACA), organisée du 15 au 18 septembre 2026 à La Palm Royal Beach Hotel, à Accra, au Ghana. L’événement avait pour thème l’approvisionnement durable en cajou à travers les politiques publiques, les investissements et les partenariats.

Le Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK) y a représenté la Côte d’Ivoire dans les discussions consacrées à l’avenir de l’industrie africaine du cajou.

L’approvisionnement des transformateurs au cœur des discussions

Le CCAK a participé à un panel consacré à l’alignement des politiques publiques face aux nouveaux défis de la filière.

La question est stratégique : comment assurer aux transformateurs un accès durable à la noix brute, alors que les pays producteurs cherchent eux-mêmes à développer davantage la transformation locale ?

Le programme officiel de l’ACA plaçait précisément cette problématique au centre de la deuxième journée, avec une session intitulée « Realigning Policies for competitive and Sustainable Cashew Supply ». Des représentants de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Tanzanie, du Sénégal, du Mozambique et du Burkina Faso figuraient parmi les intervenants.

Pour les pays africains producteurs, l’enjeu dépasse donc la seule disponibilité de la matière première. Il touche à la coordination des politiques, à la compétitivité des unités industrielles et à la capacité de la filière à créer davantage de valeur sur le continent.

La Côte d’Ivoire au milieu d’un dialogue africain

La délégation ivoirienne présente à Accra réunissait des représentants de l’OIA-Anacarde, de la Centrale Cajou, des organisations de transformateurs, ainsi que des partenaires techniques et des prestataires de services.

Cette présence illustre une réalité de la filière : les questions liées au cajou dépassent désormais les frontières nationales.

L’ACA rassemble en effet les différents maillons de la chaîne de valeur, des producteurs aux transformateurs, en passant par les négociants, exportateurs, acheteurs, institutions financières, chercheurs et décideurs publics. L’édition 2026 devait réunir plus de 600 participants issus de plus de 30 pays, selon l’Alliance.

Les échanges d’Accra ont ainsi permis de confronter les expériences de plusieurs grands pays africains producteurs et transformateurs.

Pour la Côte d’Ivoire, ce type de rendez-vous constitue aussi un espace pour comparer les politiques nationales et identifier les points de convergence autour de la transformation, de l’investissement et de la durabilité.

L’ACA donne rendez-vous en Côte d’Ivoire en 2027

Autre annonce concernant la Côte d’Ivoire : le CCAK a accepté la demande du Conseil d’administration et de la direction générale de l’ACA d’accueillir la prochaine conférence annuelle de l’organisation en 2027.

Cette prochaine édition placera donc la filière ivoirienne sous les projecteurs à domicile.

L’enjeu sera alors de montrer les avancées réalisées par la Côte d’Ivoire, mais aussi les défis qui restent à résoudre. Car l’avenir du cajou africain ne dépend pas uniquement des volumes produits. Il repose également sur la capacité à transformer davantage, à sécuriser l’approvisionnement des usines et à construire des chaînes de valeur plus compétitives.

À retenir — Le vrai défi se situe après la récolte

L’augmentation de la production ne suffit pas à elle seule à consolider une industrie africaine du cajou. La disponibilité de noix brutes pour les transformateurs, la coordination des politiques publiques, les investissements et les partenariats font partie des conditions nécessaires à une transformation durable de la filière.

La conférence de l’ACA 2026 l’a rappelé à travers son thème même : la question de l’approvisionnement est devenue indissociable de celle de la transformation et de la compétitivité africaines.

2027, la filière africaine du cajou en Côte d’Ivoire

En acceptant d’accueillir la prochaine conférence de l’ACA, la Côte d’Ivoire s’apprête à recevoir un rendez-vous qui réunit les principaux maillons de l’industrie africaine du cajou.

Après Accra, le prochain débat se poursuivra donc en Côte d’Ivoire. Avec une question qui restera centrale : comment faire en sorte que la noix produite en Afrique génère davantage de valeur une fois entrée dans l’usine ?

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