Changer de métier sans changer de territoire
Prisca Gilbert commence sa carrière dans le marketing et la communication avant de se tourner vers la gastronomie.
En 2013, elle ouvre son premier restaurant à Abidjan. Deux ans plus tard, elle effectue un stage professionnel à l’Institut Paul Bocuse à Lyon. Elle devient ensuite cheffe itinérante, productrice de contenus culinaires et chroniqueuse, notamment autour de la cuisine africaine.
Son parcours est révélateur d’une évolution du métier de chef en Afrique. La cuisine n’est plus seulement une question de restaurant. Elle peut devenir média, événement, transmission et marque personnelle.
De l’assiette au récit
Prisca Gilbert a notamment animé la capsule culinaire MIAM et collaboré avec RFI ainsi qu’avec les éditions Bayard Jeunesse. Elle a également été cheffe exécutive de L’Éléphant d’Or du Casino Barrière Abidjan avant d’ouvrir La Maison Akissi fin 2023.
La Maison Akissi prolonge cette démarche. Les sources la décrivent comme un restaurant-galerie où la cuisine dialogue avec l’art contemporain africain. Sa cuisine puise dans les produits locaux, les épices, les sauces et les souvenirs culinaires ivoiriens.
L’épice y retrouve ainsi sa place naturelle : non pas un argument marketing ajouté après coup, mais une composante du langage culinaire.
Le produit local comme matière première
L’intérêt du parcours de Prisca Gilbert tient aussi à sa capacité à circuler entre plusieurs univers.
Restaurant. Télévision. Réseaux sociaux. Édition. Événements culinaires.
Cette diversification participe à la professionnalisation du secteur. Elle permet surtout de toucher des publics qui ne fréquenteraient jamais nécessairement une table gastronomique.
Son travail autour de l’attiéké, notamment lors d’une démonstration consacrée à « l’attiéké des lagunes », illustre cette volonté de prendre un produit familier et de le replacer dans un contexte gastronomique et culturel plus large.

Ce qui se passe sur le terrain
Prisca Gilbert possède un parcours dans la communication, une formation professionnelle à l’Institut Paul Bocuse, une expérience de cheffe itinérante, de chroniqueuse et de restauratrice.
Son modèle montre comment la gastronomie africaine peut créer de la valeur en combinant restauration, contenu, événementiel et transmission.
Cependant, la médiatisation d’une cheffe ne suffit pas à mesurer l’impact économique réel de son activité sur les producteurs ivoiriens. Il faudrait documenter les volumes d’achat, les fournisseurs et la part des matières premières locales.
Une cheffe ne sert plus seulement des plats
Elle peut aussi raconter un pays. Chez Prisca Gilbert, la cuisine devient un langage : celui d’une Côte d’Ivoire qui connaît ses classiques, mais qui accepte de les regarder avec des yeux neufs.
La tradition donne la matière. Le chef lui donne une nouvelle adresse.













