La recherche agricole ne se limite pas à la production de connaissances. Elle doit aussi permettre de développer des solutions utiles aux producteurs et aux entreprises. Pour y parvenir, la protection des résultats scientifiques et leur exploitation représentent des enjeux importants.
C’est dans cette perspective que le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) a organisé, les 8 et 9 octobre 2026, un atelier de réflexion à l’Hôtel Golden Palace de Grand-Bassam. Les échanges ont porté sur la propriété intellectuelle dans la recherche agricole et la génération d’innovations.
Le FIRCA réunit les acteurs de la recherche agricole
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence de Bernard Kini Comoé, ministre délégué chargé des Productions vivrières. Il représentait le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières.
La Banque mondiale et le Bioeconomy Science Institute (BSI) de Nouvelle-Zélande ont également pris part à cette rencontre.
Le FIRCA était représenté par une délégation conduite par son président du conseil d’administration, Assouman N’Guettia, et son directeur exécutif, Oumar N’Diaye.
Au total, une cinquantaine de participants ont pris part aux travaux. Ils venaient de départements ministériels, de centres de recherche, d’universités et de grandes écoles. Des chercheurs et des inventeurs figuraient également parmi les participants.
Cette diversité a permis de confronter plusieurs expériences autour d’une même question : comment mieux protéger les résultats de la recherche agricole et en tirer davantage de valeur ?
Protéger les innovations pour mieux les exploiter
Les travaux ont porté sur les mécanismes de protection, de gestion et de valorisation des résultats scientifiques. L’enjeu consiste à mieux encadrer l’utilisation des innovations issues de la recherche.
La propriété intellectuelle offre différents outils juridiques pour protéger certaines créations et inventions. Elle peut notamment contribuer à clarifier les droits des inventeurs et les conditions d’exploitation de leurs travaux.
Dans le secteur agricole, ces questions concernent les organismes de recherche, les établissements d’enseignement supérieur, les chercheurs et les entreprises susceptibles d’utiliser les résultats obtenus.
Une innovation ne crée toutefois de la valeur que si des acteurs peuvent la développer, l’adapter et l’utiliser. La protection juridique doit donc s’accompagner de mécanismes permettant de transférer les résultats de la recherche vers les utilisateurs.
Des experts et des institutions partagent leurs expériences
Plusieurs communications ont rythmé les deux journées de réflexion.
Dr Souleymane Sorh, expert de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI), a présenté les principaux enjeux de la propriété intellectuelle dans la recherche agricole.
Dr Ibrahim Coulibaly, juriste spécialisé en propriété intellectuelle, a ensuite abordé la protection des résultats scientifiques et des innovations agricoles. Son intervention a également porté sur les mécanismes juridiques permettant leur exploitation.
Des représentants du Centre national de recherche agronomique (CNRA), de l’Université Nangui Abrogoua (UNA), de l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa (UJLoG) et du Bioeconomy Science Institute ont partagé leurs expériences.
Leurs contributions ont notamment concerné la gestion des droits, la protection des résultats de recherche et les possibilités de valorisation des innovations.
Ces échanges ont permis de mettre en discussion les pratiques institutionnelles et les moyens de mieux encadrer l’exploitation des résultats scientifiques.
Un rapport général adopté à l’issue des travaux
Les discussions ont abouti à l’adoption d’un rapport général. Le document rassemble les principales conclusions et recommandations formulées pendant l’atelier.
Cette étape clôt les deux journées de réflexion consacrées à la propriété intellectuelle dans la recherche agricole.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu reste de mieux relier la production de connaissances aux besoins du secteur agricole. Une protection adaptée des innovations peut contribuer à faciliter leur transfert et leur exploitation, à condition de s’inscrire dans une démarche de valorisation concrète.
Les recommandations issues de l’atelier constituent ainsi une base de réflexion pour les acteurs concernés. Leur portée dépendra des suites qui leur seront données et de leur traduction en pratiques au sein des institutions de recherche et des structures agricoles.
















