Impossible d’évoquer un passage dans les maquis d’Abidjan sans avoir entendu proposer ou bu un verre de gnamankoudji bien glacé. Ce jus de gingembre plus ou moins corsé (selon les goûts du client) qui réveille les ‘’morts’’ et soulage les gorges fatiguées.
Mais derrière cette boisson populaire se cache une culture vivrière devenue une véritable culture de rente secondaire dans plusieurs régions de la Côte d’Ivoire, notamment au Grand-Ouest dans le Tonkpi et le Cavally.
En effet, le gingembre ivoirien est réputé dans toute la sous-région pour sa forte teneur en gingérol, lui conférant un piquant incisif très recherché par les transformateurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ainsi, chaque semaine, ce sont des dizaines de camions de 30 tonnes qui quittent les zones de collecte avec leurs charges pour aller approvisionner les grands centres urbains de l’Afrique de l’Ouest. Mais malgré ce qui fleure bon une belle opportunité, les nouvelles ne sont aussi relevées que le piquant de ces racines. En effet, la filière souffre d’un mal persistant qui semblent traversé les années : le manque d’unités de transformation primaire sur le sol national.
Ainsi, la majorité du gingembre produit est vendue à l’état brut. C’est-à-dire frais. Une situation qui expose les planteurs aux pourrissements rapides durant la saison des pluies et aux spéculations féroces des intermédiaires (pisteurs).
Au demeurant, la création de séchoirs industriels et d’usines d’extraction d’huiles essentielles de gingembre en Côte d’Ivoire constituerait un levier de croissance majeur pour les producteurs. En effet, l’huile essentielle de gingembre, très prisée par l’industrie cosmétique et pharmaceutique mondiale, se négocie à des prix bien plus stables que le tubercule frais.
















