Sur un hectare de terre bien irriguée dans la ceinture maraîchère de Yamoussoukro ou de Bonoua, le piment « bec d’oiseau » (Capsicum frutescens) fait des miracles financiers. Ce piment compact, redoutablement fort et aromatique, s’est hissé au rang des produits maraîchers les plus rentables pour la jeune génération d’entrepreneurs agricoles ivoiriens.
Contrairement aux idées reçues, la consommation de piment en Côte d’Ivoire ne baisse jamais. Qu’il soit pilé frais dans l’attieké-poisson, séché en poudre pour les saupoudrages de grillades ou transformé en purée pimentée en pot, le produit s’arrache. Mieux encore : le marché international en est friand. L’Afrique du Nord (pour la fabrication de l’harissa) et l’Europe de l’Est importent de plus en plus de piment sec entier ou floconné en provenance d’Afrique de l’Ouest.
Le rendement rapide du piment — première récolte trois à quatre mois après le repiquage — en fait une culture de trésorerie idéale pour équilibrer les exploitations agricoles. Néanmoins, les défis logistiques demeurent : le séchage traditionnel sur bâche au bord des pistes dégrade souvent la couleur et la qualité sanitaire du produit sec. L’introduction de séchoirs solaires sous serre et le strict respect des normes phytosanitaires européennes sur les résidus de pesticides sont les deux conditions sine qua non pour que ce « piquant national » devienne un poids lourd des exportations agricoles ivoiriennes.
















