Tout commence avec la famille
Avant les vidéos verticales et les millions de vues potentielles, il y avait la cuisine de la grand-mère et de la mère.
Dans un témoignage diffusé par Brut, Ange Ehui raconte avoir été initié très jeune à la cuisine familiale. En classe de troisième, il est orienté vers une école de cuisine. Il travaille ensuite dans le restaurant de sa grand-mère, où il apprend aussi la réalité moins glamour du métier : commandes, clients, rythme et débrouillardise.
La transmission n’est donc pas ici un slogan. Elle constitue une partie documentée de son parcours.
Le braisé, puis le téléphone
Joshua Cooker s’est construit autour d’une cuisine accessible et d’un contenu pensé pour les réseaux sociaux.
Son passage par TikTok a transformé son activité en véritable vitrine commerciale. Brut rapportait en 2024 une communauté de plus de 445 000 abonnés ; des données reprises plus récemment situent encore son audience à plusieurs centaines de milliers de personnes.
Son parcours a également été reconnu dans l’écosystème numérique ivoirien : il a remporté la catégorie Cuisine des Pulse Influencer Awards 2023 et figure encore parmi les créateurs culinaires distingués en 2024. Ce n’est plus seulement de la cuisine filmée. C’est un modèle économique.

La recette comme contenu
Poulet au curry, braisé, recettes revisitées : Joshua Cooker utilise la préparation comme spectacle mais aussi comme outil de proximité.
Une vidéo d’une minute peut demander plusieurs heures de préparation technique, expliquait-il à Brut. Il raconte avoir commencé avec très peu de moyens et avoir utilisé ses premières prestations pour alimenter son activité sur TikTok.
Ce détail mérite mieux qu’un simple récit de réussite. Il montre que les réseaux sociaux deviennent, pour certains jeunes entrepreneurs culinaires africains, une infrastructure commerciale : visibilité, acquisition de clients, démonstration du savoir-faire et construction d’une marque personnelle.
Ce qui se passe sur le terrain
C’est officiel : Ange Ehui, alias Joshua Cooker, est un chef et créateur de contenus culinaires ivoirien. Il a construit une importante audience numérique et a été récompensé dans la catégorie Cuisine des Pulse Influencer Awards.
Son modèle illustre le potentiel des réseaux sociaux pour permettre à de jeunes professionnels de transformer une compétence culinaire en activité commerciale.
Cependant, une forte audience ne garantit ni la rentabilité durable d’un restaurant, ni la qualité nutritionnelle des recettes, ni la réussite d’une implantation internationale.

Le nouveau maquis tient parfois dans un smartphone
Joshua Cooker appartient à une génération pour laquelle la cuisine ne s’arrête plus à la marmite. Le plat sort de la cuisine, entre dans le téléphone et peut toucher une audience bien plus large que celle d’une salle de restaurant.
À Abidjan, le bouche-à-oreille a désormais une caméra.













