La carte du producteur entre dans les transactions
Depuis le 1er septembre 2026, les acteurs de la filière café-cacao utilisent obligatoirement la carte du producteur pour les transactions.
Le dispositif accompagne le nouveau Système national de traçabilité (SNT). Il doit permettre de mieux suivre le cacao, depuis la plantation jusqu’à sa commercialisation.
Entre le 1er et le 13 septembre, quelque 38 000 producteurs ont effectué des transactions avec leur carte.
Les acheteurs ont acquis plus de 26 000 tonnes de cacao bord champ durant cette période. Le système commence donc à produire ses premières données à grande échelle.
Les données remontent en temps réel
La carte ne sert pas uniquement à identifier le producteur. Elle sécurise aussi les opérations commerciales.
À chaque transaction, le système enregistre les informations nécessaires au suivi du cacao. Il transmet ensuite les données au Conseil du Café-Cacao.
« Le système est encore nouveau, mais il marche très bien », a relevé Koné Brahima Yves, directeur général du Conseil du Café-Cacao.
Le déploiement reste toutefois récent. Les acteurs de terrain doivent encore s’approprier les nouveaux outils.
Plus de 18 000 tonnes bientôt vers les ports
La traçabilité concerne aussi le transport des fèves.
Les coopératives, les acheteurs et les exportateurs ont déjà validé 450 connaissements dans le Système de données et de reporting (SYDORE).
Ces documents devraient faciliter l’acheminement de plus de 18 000 tonnes de cacao vers les ports d’Abidjan et de San Pedro dans les prochains jours.
Le suivi ne s’arrête donc pas au point d’achat. Le dispositif accompagne progressivement le cacao jusqu’à son expédition.
Le cacao ivoirien se prépare aux exigences européennes
Derrière cette digitalisation, la filière cherche aussi à sécuriser son accès au marché européen.
Le règlement européen contre la déforestation impose en effet aux opérateurs concernés de démontrer l’origine des produits commercialisés dans l’Union européenne.
Le calendrier actuel prévoit une application à partir du 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises. La plupart des micro et petites entreprises disposeront, elles, d’un délai supplémentaire jusqu’au 30 juin 2027.
Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, l’enjeu dépasse donc la simple modernisation administrative. Il s’agit de pouvoir documenter l’origine des fèves et leur parcours commercial.
Une filière qui passe aux données
La carte du producteur change progressivement la manière de commercialiser le cacao ivoirien. Le champ, l’achat et le transport commencent à laisser une trace numérique.
Pour la filière, le véritable test sera désormais celui de la durée. Le système devra fonctionner sur le terrain, couvrir les producteurs et fournir des données fiables à chaque étape.
















